Vie d'expat

Faire face au deuil lorsque l’on vit à l’étranger

Il y a quelques mois que je ne suis pas venue par ici. Vous savez parfois la vie prend une drôle de tournure. Les événements font que nous devenons juste fonctionnel pour faire l’essentiel à ce qui fait que nous tenons encore debout. Mais il est temps pour moi de passer à autre chose. Et comme ce blog, je l’écris avant tout pour moi, il me semblait logique d’écrire sur ces événements.

Au mois d’octobre dernier, j’ai malheureusement perdu mon grand-père. Les circonstances ont fait que je ne suis pas rentrée pour vivre ces moments auprès de ma famille. J’ai eu du mal à gérer cette situation. Les mois passants lorsque je voyais le ciel s’éclaircir vers des jours meilleurs, la vie m’apportait une autre triste nouvelle. En Janvier, je perdais ma grand-mère. C’est malheureusement le cycle de la vie mais il est parfois difficile d’intégrer son immigration au sein de ce processus. Et honnêtement ça commençait à faire beaucoup pour mes petites épaules.

C’est pourquoi, j’ai décidé de vous partager cette expérience qui fait malheureusement partie de la vie et dont la gestion est différente lorsque l’on vit à l’étranger. Comme je le mentionnais c’est avant tout pour moi une manière de pouvoir passer à autre chose.

Vivre un deuil n’est jamais une chose facile. Mais lorsque vous le vivez à des milliers de kilomètres de votre famille, de vos racines, c’est tout votre monde qui s’écroule. C’est assez rare de lire des expériences à ce sujet mais il est important de prendre cela en compte si vous êtes dans un projet de vivre à l’étranger.

Etre expat a bien des avantages à plusieurs niveaux. Une vie à reconstruire, un nouvel environnement à découvrir, de nouvelles aventures à explorer. Mais que se passe-t-il lorsque la perte d’un être cher vient chambouler votre nouvelle vie ?

Chaque expérience est différente mais dans mon cas vivre à l’étranger est une des choses les plus excitante mais aussi difficile que j’ai réalisé dans ma vie. Cela m’a permis de mesurer l’importance de la famille. Lorsque la famille fait partie de notre quotidien, nous ne prenons pas conscience de son importance. Mais lorsque l’on se retrouve seule à des milliers de kilomètres chaque réunion familiale à son importance.

Le prix de l’expatriation

Cet été, cela fera 5 ans (déjà) que nous sommes installés au Canada. En 2013, un mois après notre arrivée au Canada, je perdais mon oncle gravement malade. Je savais en partant que malheureusement, je ne le reverrai pas. C’était une première claque. Mais comme nous étions au début de notre aventure et que tout était à bâtir, j’ai été aspiré par le quotidien. Et puis la vie a repris son cour. Comme mentionné plus haut en l’espace de quelques mois je perdais deux autres membres de ma famille.  L’annonce : c’est le coup de massue, le sol qui se dérobe sous vos pieds. Et la fameuse question qui résonne instantanément dans votre tête : mais qu’est-ce que je fais là ?! On a beau être préparé, il s’agit d’un événement brutal, violent qui nous fait mal de l’intérieur, on trouve la vie injuste et difficile. Évidemment, on se trouve égoïste et coupable d’être parti, d’avoir « abandonné » sa famille. On paye le prix de l’expatriation par la solitude et la culpabilité.

L’urgence de la décision.

Et puis vous devez vite vous extirper de votre peine car vous devez prendre des décisions dans l’urgence. A savoir de rentrer ou non dans votre pays. Dépendant, du pays où vous avez immigré le retour peut être plus ou moins compliqué : fréquence des vols et surtout le prix d’un vol de dernière minute. Il arrive que votre famille jugera qu’il n’est pas nécessaire pour vous de rentrer afin de vous épargner la peine des funérailles. « Cela ne sert à rien de rentrer ». Et bien oui, cela « sert » à quelque chose de rentrer.

Le deuil est un processus comportant des étapes importantes permettant de pouvoir intégrer le fait que la personne n’est plus parmi nous et de pouvoir aller de l’avant.

Syndrome de l’expatrié

Parfois certaines personnes vont juger que c’est plus facile pour vous car vous êtes loin. Vous n’êtes pas confronté à l’absence ni aux événements entourant le départ de la personne. C’est bien mal connaître le syndrome de l’expatrié qui se sent déjà « abandonné », mis à l’écart de sa famille car on ne l’informe pas des éventuels maladies, accidents, incidents ou même d’événements plus heureux de la vie quotidienne. Cela n’est pas fait avec de mauvaises intentions, loin de là. Il s’agit de protéger l’expatrié de l’angoisse ou du stress qu’il pourrait ressentir car de toute façon il ne peut rien faire dans l’immédiat. Dans le cas d’événement heureux comme une naissance, un mariage, un baptême, on va tout simplement vous « oublier » ou « penser » à votre place car vous n’êtes plus la. Vous ne faites plus partie du décor.  Encore là aucune mauvaise intention. Juste une incompréhension du statut d’expat/immigrant.

Vous n’êtes pas/plus en phase avec votre famille restée au pays. Votre vie d’expatrié a été chamboulée. Vous vous construisez un nouveau quotidien, vous ressentez le changement au plus profond de vous. Vous prenez conscience du manque de vos proches et de l’importance de chaque instant passé avec eux car ils sont rares. Mais à contrario la vie de vos proches n’a pas changé, il n’y a pas eu de bouleversements profonds, il y a juste le ressenti de l’absence qui peut être plus ou moins forts en fonction de vos liens.

C’est pourquoi dans un moment difficile comme la perte d’un être cher, il est important de vous écouter car seul vous savez ce qui est bon pour vous. La communication est primordiale entre vous et vos proches dans ces moments difficiles. N’ayez pas peur d’exprimer vos émotions. Cela n’atténuera pas la tristesse que vous pourrez ressentir. Mais au moins vous aurez fait ce qu’il vous semble bon et vous pourrez aller de l’avant.

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